Cela fait quelques paires années que j’y pensai, à mots couverts mais j’ai fini par prendre ce que je crois désormais être la vraie bonne décision. En tout cas la plus sage. Au coeur de ce week end ensoleilé...
Je me retire du carré vert à la fin de cette saison.
Nouvelle totalement anodine en ce jour de demi finale de Ligue des champions, j’admets avec aisance la légereté de mon propos...Ce ne sont que des années que je referme dans une boite à souvenir, ce ne sont que 16 à bourlinguer dans la ligue Honneur Auvergne, et en Haute Loire lors des coupes, ce ne sont que quatre fois quatre ans à cotoyer des équipes gravés dans ma chair.
Il s’agit enfin d’un dilemne fort dont je m’extirpe. Arrêter ou continuer.
J’ai trop hâtivement dit que je me voyais faire une année de plus.
Mais à 34 ans, mon gros, c’est bien d’y avoir pensé à deux fois...

J’avais essayé de stopper il y a 4 années, mais j’avais encore du gaz sous les mollets et ils avaient poussé la machine à rugir encore, et encore mais là, j’ai les mollets dans le gaz.
Commencé à 18 ans ce parcours devait finir un jour, j’avais confessé tenter une saison de plus mais elle me parait être celle de trop. Et j’ai pas envie de laisser le souvenir d’un défenseur dépassé (Ah bon, c’est déja le cas ! merdé)
L’odeur des vestiaires, le stress d’avant-match, la compétition et son adrénaline vitale vont me manquer, certes mais je m’ouvre ainsi à une nouvelle vie, à de véritables week ends, à du temps pour moi, pour nous les amis, sans aller crapahuter à Aurillac, Vichy, Moulins, Ally Mauriac, Murat, Montluçon, Saint Flour (où j’ai toujours pris des roustes mémorables).
C’est ce que j’appelle le champ du signe qui a eu raison de moi, il y a des signes décelables sur le terrain qui font dire qu’on est plus aux taquets, on le cache, on le tait, on se ment et j’ai décidé de ne plus mentir à mon propre corps. Stop mon gros.
Un point final avec deux clubs dans ces 16 années de foot, l’Olympique St Julien et US Blavozy ou je tirerai ma révérence en cette fin de saison, avec l’espoir de finir avec une coupe de la Haute Loire, ce qui serait ma cinquième (nous sommes en demi finale pour info), de brandir en tant que capitaine la coupe, de laisser rouler quelques larmes en dedans et filer, comme je suis venu. Sans mot dire, sans coup férir. Arrêter le ballon. Non sans peine, non sans émotion, je l’avoue...
Mais le terrain est formel, le champ du signe a donné son verdict, je ne suis plus une gazelle des antilles aux tacles saignants et au coup de casque qui fait mouche, moins d’envie de faire des efforts, moins envie de galoper. Aléa jacta est.
En guise de désintox au ballon rond, je file vers une année ou je vais continuer les entrainements pour décrocher en douceur, continuer à avaler le pré, à tacler mais oublier les matchs, justedépanner si besoin mais sans aucun engagement.
Je vais laisser enfin mon numéro 14 (superstition liée à Jean Tigana, le joueur franco malien que j’ai toujours cru -jeune- antillais, LE joueur de devoir que j’adorais).
C’était le champ du signe.